Le Livre d'Hénoch (couramment désigné sous les appellations 1 Hénoch ou Hénoch éthiopien) constitue une compilation de textes pseudépigraphiques rattachés au patriarche antédiluvien Hénoch, mentionné au chapitre 5 du livre de la Genèse. Rédigé sur une période s'étendant du IIIe siècle avant notre ère jusqu'au Ier siècle de notre ère, ce corpus volumineux s'inscrit au centre de la littérature apocalyptique juive du Second Temple. La survie intégrale de ce document est assurée exclusivement par sa traduction en langue guèze (éthiopien classique). Les recherches philologiques démontrent que cette version guèze dérive d'une traduction grecque, elle-même issue d'originaux sémitiques (araméen et hébreu). Les fouilles archéologiques menées à Qumrân, dans les grottes proches de la mer Morte, ont mis au jour de multiples fragments manuscrits en araméen (notamment les manuscrits 4Q201 à 4Q212). Ces découvertes valident l'origine sémitique d'une vaste portion du texte et permettent de dater les couches les plus anciennes. Sur le plan canonique, l'Église orthodoxe éthiopienne tewahedo et l'Église érythréenne tewahedo intègrent le Livre d'Hénoch dans leur canon biblique scripturaire. À l'inverse, les traditions juives rabbiniques et les confessions chrétiennes occidentales et byzantines le classent strictement dans la catégorie des apocryphes, excluant sa lecture lors des offices liturgiques officiels. L'ouvrage assemble cinq sections distinctes, rédigées à des époques différentes, puis agglutinées par des rédacteurs successifs. L'explication de l'origine du mal constitue une composante structurante de la théodicée hénochique. À la différence des rédacteurs de la Genèse qui localisent la faute dans le jardin d'Éden via la transgression d'Adam et Ève, 1 Hénoch attribue la corruption absolue de la terre aux anges déchus. La violence, la guerre et la déviance morale dérivent de la contamination du savoir divin transféré par les Veilleurs. L'angélologie y est classifiée avec une ext
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