Le mûrier a donné naissance à la soie par sa feuille, nourriture
essentielle du ver à soie. Grâce à cette place incontournable dans la
sériciculture, le mûrier s'est profondément incorporé dans la vie
sociale et culturelle chinoise. Il a été progressivement façonné comme
sujet rituel, mythologique et légendaire, aux fonctions et statuts
divers: arbre ancestral, arbre sacré, arbre solaire, arbre de
souveraineté, arbre exorciste, arbre d'immortalité. Autant d'images qui
ont tissé un «Tout» montrant l'intégration d'un arbre dans le système
social et culturel chinois, en constante évolution depuis les premiers
pouvoirs centralisés jusqu'à la période d'unification politique et
idéologique de la Chine, que constitue la dynastie des Han.
L'auteur nous donne ici une étude ethnobotanique et d'anthropologie
culturelle sur le mûrier en tant que fait naturel, social et culturel
total, sur lequel se sont fixés un mode d'exploitation des plantes
cultivées, un mode de croyance organisant la vie rituelle et religieuse,
un mode d'explication opérant la création des mythes et légendes et un
mode de pensée corrélative harmonisant cosmologies naturelle et sociale.