Après Napoléon, néant : on ne voit venir ni empire, ni religion, ni barbares. La civilisation est montée à son plus haut point, mais civilisation matérielle, inféconde, qui ne peut plus rien produire, car on ne saurait donner la vie que par la morale. On n’arrive à la création des peuples que par les routes du ciel, les chemins de fer nous conduisent seulement avec plus de rapidité à l’abîme.
Aucun bonapartiste n’a jamais osé écrire cela. Le bonapartisme est un culte rétrospectif de la personnalité. Il n’a d’horizon ni métaphysique, ni poétique. Or Chateaubriand, poète de Napoléon, est aussi son ennemi métaphysique. Il le restera toujours, même quand il écrit ces phrases trompeusement nostalgiques, dans la Vita Napoleonis en six livres qui a surgi au beau milieu de ses Mémoires entre 1835 et 1840. Seul un poète métaphysicien a été à la hauteur de celui qu’il qualifie, prenant rétrospectivement son parti contre les trahisons de Talleyrand, d’« un des plus grands hommes de l’histoire ».
Marc Fumaroli propose dans cet essai des face-à-face éclatants entre Chateaubriand et Napoléon Bonaparte, entre le poète et la ville de Rome, entre le métaphysicien et ses frères allemands.
Publisher
BELLES LETTRES
Publication Date
Feb 2019
ISBN
9782251448961
Pages
19.2 x 12.2 cm
Item Type
Book
Format
Paperback
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