Nous sommes aujourd’hui face à la promotion ininterrompue d’une psychiatrie neuroscientiste de plus en plus exclusive. Cette tendance, qui s’appuie essentiellement sur des promesses non réalisées, s’articule à l’économie et à l’idéologie néolibérales, et tend à replacer toute personne psychiatrisée dans une logique de production-consommation. Ce large courant de la psychiatrie contemporaine prétend relever d’une « objectivité scientifique » dans une lecture neuro-essentialiste : le symptôme ne serait plus une production subjective signifiante, mais un trouble standardisé à supprimer. Il se produit alors un véritable effacement du fou, qui se trouve réduit à une position d’handicapé passif, de malade organique. Et s’il s’y refuse, il subit souvent la coercition et la violence. Sans compter que cette psychiatrie « quantifiable » et désincarnée, en renforçant la tendance gestionnaire à la réduction des coûts (moins de soignants, de lieux d’accueil…), conduit à un échec massif des prises en charge et des traitements.
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